« La mémoire, c’était la parole. Aujourd’hui, c’est aussi la data »
Avant de parler logiciels, Sékou Gon Coulibaly parle transmission. Sur un continent façonné par l’oralité, il voit la transformation digitale comme une continuité, pas une rupture. Depuis plus de 20 ans, il a fait de la capture, du traitement et de l’archivage de l’information une vocation, avec l’idée que la technologie n’a de sens que si elle améliore la vie des gens. Dans cet entretien, il revient sur son parcours, sa vision, et sur les liens construits avec GDExpert au fil des années.
Quand vous parlez de “mémoire”, vous commencez par l’oralité. Pourquoi ce point de départ compte autant pour vous ?
Sékou Gon Coulibaly : Parce que c’est notre socle. Avant l’archive et le document, il y avait l’humain qui raconte, la voix qui transmet. Ensuite, l’écriture a pris le relais. Aujourd’hui, la dématérialisation, les données et l’IA arrivent. Ma conviction, c’est que tout cela fait partie du même mouvement : transmettre et pérenniser la connaissance, sans trahir ce que nous sommes.
Cette “vocation” évoquée dans l’introduction, vous la résumez comment ?
Sékou Gon Coulibaly : Capter l’information, la traiter, optimiser son traitement, puis l’archiver. C’est mon métier depuis plus de vingt ans. Concrètement, cela veut dire numériser tous types de supports, transformer l’analogique en numérique, et surtout structurer cette information pour qu’elle soit utile, exploitable, et durable.
Vous dirigez aujourd’hui SGCI (Société de Gestion et Concept en Informatique). Quel est l’ADN de votre entreprise ?
Sékou Gon Coulibaly : SGCI est un cabinet de conseil en informatique et un intégrateur qui accompagne la transformation numérique de bout en bout. Nous sommes basés à Abidjan et nous intervenons sur la stratégie, la sécurité, l’intégration, la dématérialisation, mais aussi la formation. L’idée est d’être un partenaire capable de penser, construire, opérer et faire monter en compétences tout type d’organisations, publiques comme privées.
Si vous deviez décrire votre offre “dématérialisation et transformation digitale” de manière synthétique, que pourriez-vous dire ?
Sékou Gon Coulibaly : Je dirais qu’il s’agit d’un chantier “zéro papier” bien organisé. Cela commence par un diagnostic, une cartographie des processus, puis l’automatisation des workflows. Nous déployons des plateformes de gestion documentaire, nous structurons les métadonnées, nous gérons les droits, nous intégrons l’OCR, et nous relions tout cela aux outils métier. Grâce à cela, l’organisation peut gagner en vitesse, en traçabilité, en conformité et en qualité de service.
Vous insistez souvent sur une idée : “la technique n’est qu’un moyen”. Ça change quoi dans votre manière de piloter SGCI ?
Sékou Gon Coulibaly : Ça m’oblige à rester lucide. La technologie doit servir l’humain. Santé, éducation, carrière, inclusion… si la solution ne rend pas la vie plus simple, plus sûre ou plus accessible, elle n’a pas rempli sa mission. Il faut savoir d’où l’on vient pour savoir où l’on veut aller.
L’IA fait aujourd’hui partie de ces moyens et vous dites qu’elle met la pression sur un point clé : la qualité des données…
Sékou Gon Coulibaly : Exactement. L’IA a besoin de données fiables et contextualisées pour produire des résultats pertinents. Si les données africaines sont absentes, mal structurées, ou déformées, alors les modèles raconteront une réalité qui n’est pas la nôtre. La digitalisation, c’est aussi défendre nos contextes, nos usages, nos valeurs, et donner au continent une place dans la construction de la connaissance mondiale.
Vous portez ce sujet aussi sur le terrain, dans des initiatives concrètes comme la santé ?
Sékou Gon Coulibaly : Parce que pour vivre, il faut d’abord la santé. InTech Santé est né d’une volonté de réunir les acteurs qui ne se parlent pas assez. L’ambition est de décloisonner, de partager des solutions et de bâtir une trajectoire. La première édition s’est tenue à Abidjan les 6 et 7 février 2025, avec l’objectif d’accélérer la transformation numérique du secteur. Et cela a été un véritable succès.
Et la suite ?
Sékou Gon Coulibaly : La suite, c’est de continuer à structurer. L’événement a vocation à s’inscrire dans la durée. Les prochaines éditions doivent consolider une feuille de route, pousser les retours d’expérience, et faire émerger des projets concrets et déployables, pas seulement des idées. L’édition 2026 d’InTech Santé devrait avoir lieu à la fin du premier semestre.
Vous avez aussi un rôle public, comme conseiller régional du Boro. Quel lien faites-vous entre action publique et transformation numérique ?
Sékou Gon Coulibaly : Le lien est direct. Dans les territoires, vous voyez immédiatement les besoins d’inclusion financière, de formation, d’accompagnement des filières comme l’agriculture ou le commerce. Le numérique peut aider à structurer les flux, à mieux connaître les réalités et à créer des services plus accessibles. Mais il faut une vision, et surtout une exécution.
Dès que l’on parle de digitalisation, de flux, d’IA et de data, la question de la souveraineté numérique se pose. Quelle est votre position sur le sujet ?
Sékou Gon Coulibaly : Héberger les données sur le continent, c’est une étape que beaucoup oublient. Mais d’abord, il faut digitaliser, alimenter et structurer nos bases. Alors, construisons nos infrastructures, produisons des données locales de qualité, et ensuite la souveraineté deviendra concrète. Si nous faisons l’inverse, nous nous trompons de chemin.
Quand et comment a démarré votre relation avec GDExpert ?
Sékou Gon Coulibaly : Il y a plus de dix ans, j’étais en visite sur un salon à Paris et j’ai rencontré GDExpert. C’était à un moment où les problématiques de dématérialisation et de gestion documentaire devenaient stratégiques pour nous. J’ai fait la connaissance d’Alain Gouzlan, et nous avons immédiatement partagé une vision commune. Ensuite, nous avons suivi une trajectoire claire, avec l’objectif de devenir une référence sur la gestion de contenus.
Avec le temps, nous avons mené différents projets et construit ensemble de nombreuses références, dont nous sommes fiers, parce qu’elles ont du sens. Ce sont des déploiements concrets, au service d’organisations qui avaient besoin de structurer leur information, de sécuriser leurs processus, et de gagner en efficacité. Et surtout, ce sont des clients que nous continuons d’accompagner dans la durée, parfois pendant des années, au fil de l’évolution de leurs besoins. Ce que j’apprécie tout particulièrement chez GDExpert, c’est cette logique de partenariat sur le long terme.
Qu’est-ce que vous attendez d’un partenaire comme GDExpert, concrètement ?
Sékou Gon Coulibaly : De la proximité, de la cohérence, de l’expertise. Un partenaire utile, c’est celui qui comprend les réalités terrain, qui apporte des briques solides, et qui aide à construire des offres crédibles pour les organisations africaines, sans plaquer des modèles hors-sol. Et c’est le cas de GDExpert.
Pour finir, si vous aviez un message à passer aux décideurs d’Afrique francophone qui hésitent encore à accélérer leur transformation digitale ?
Sékou Gon Coulibaly : Qu’ils arrêtent de voir le numérique comme un “projet IT”. C’est un projet de société à l’échelle de l’organisation. Il touche la confiance, la qualité de service, la performance, et la transmission. Et plus on attend, plus le coût du retard se paie en désorganisation, en données perdues, et en dépendance.
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